dimanche 7 juin 2009

Le couple, la place de l'engagement.

Notre prochaine soirée, mardi soir, 9 juin, 19 :30 à l’Arc-en-Ciel, porte sur la place de l’engagement dans le couple.

Dans mon cas, l’engagement a été une maladie chronique! Partout, pas seulement dans le couple. Le sentiment de ma valeur était si faible que je devais me prouver partout, tout le temps, à tous.. Or l’engagement était une valeur sûre, largement reconnue, encensée même ! Engagé un jour, engagé toujours ! J’ai amplement donné comme on dit.

Dans le couple, j’ai joué l’engagement dans cette même visée : une assurance valeur, une assurance reconnaissance. J’ai été, enfin je le croyais, et en tout cas, j’ai travaillé fort pour y arriver, le chum « parfait ». Mais ce fut un échec ! Certes, ma blonde de l’époque et moi se sommes laissés sans se démolir. Au contraire, c’était « tendance» les réalignements amoureux, tellement de couples allaient mal, comment s’illusionner avec l’amour toujours, on a tourné ça comme une évolution ! Mais je sais maintenant qu’il y avait chez-moi une telle correctitude que je n’étais pas vraiment là. Je n’étais pas une personne mais un programme !

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En préparant ce billet pré-soirée, j’ai fait une liste de mots qu’évoque l’engagement pour moi : engagé, gage, salaire. Engagé, embrayé. Sous contrat. La gageure. La peur. La famille. La fidélité, la loyauté. La persistance. L'endurance. L'amour de l'autre. Le soin.

Quand je regarde cette liste, quelques jours plus tard, je constate une tendance certaine à tourner mon engagement envers l’autre. Ou que l'autre soit engagé envers moi. Quand je cherche la "fameuse" peur de l'engagement dont on a tant parlé, j'en vois là la source pour moi.
Effectivement toute une peur d’être pogné là, comme mes parents l’étaient dans leur vie, leur couple, leur histoire. Peur du contrat, de la prison.

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Mais ne pourrait-on pas envisager plutôt un engagement personnel, intime, lorsqu’on parle d’engagement dans le couple ? Envers soi-même d’abord. Dans le sens de l’intimité avec soi-même, comme une voie obligée, un préliminaire à tout partage avec l’autre. Intimité qui est en même temps, gage (en-gagé) d’une présence véritable, moi avec tous mes morceaux. Je mets en gage ma propre relation avec moi-même pour être en lien avec l’autre.

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Voilà, je vous laisse là-dessus et vous attends mardi soir avec Pierre-Paul. Nul doute que votre engagement aura des couleurs qui ne sont pas les miennes, une autre histoire. Nous avons hâte de vous entendre. Notre dernière de la saison, soit-dit en passant.

On vous attends ! À mardi.

jeudi 4 juin 2009

Les désirs, la soirée.

Pas mal en retard le compte rendu. Saison de colloques, conférences et réunion de concertations interinstitutionnelles dans mon métier qui m’ont presque entièrement monopolisé. Sans compter le travail du potager dont notre courte saison de culture ne laisse aucune place à repousser les semences et plantations. Mais c’est aussi la vie, la seule Vie, que tout ça.

La mémoire flanche un peu vu le temps passé. Mais pas le souvenir d’une grande intimité et d’un plaisir manifeste de se voir, de se raconter et de s’entendre. Voire même d’un certain silence consenti, pas un non-dit, un senti, de bonne et vivante intimité.

Dix gars ce soir là que nous étions, dont effectivement la majorité de réguliers. Donc oui l’intimité est là, est définitivement là, entre nous, soit, mais aussi, et de plus en plus, avec soi-même. D’où la richesse, la spontanéité et l’authenticité des partages. À preuve, cette capacité de se dire, de se nommer. Bon de constater que le silence des hommes n’est plus certain.

En vrac, que nous sommes nous dit ?

Nos désirs d’abord. Les interdits, les innommables, que seule la délinquance peut permettre. Avec le mauvais effet que ça comporte. Ces désirs sont catalogués à jamais dans l’ombre, le caché, l’inavouable, le non-dit… À leur opposé, les désirs bien vus, reconnus à satisfaire. Mais dans lesquels on se perd, on fuit peut-être, des désirs dont la satisfaction ne nourrit pas tant que ça, comme des calories vides, dirait ma nutritionniste préférée. Et puis encore ces désirs dont on se croit indigne de leur satisfaction « Pas droit à ça moi, pas digne de ça moi ». Puis encore ceux qui sont souffrance perpétuelle, puisqu’inatteignables. Et aussi ces désirs de réparation, de correction d’un stigmate, d’une identité amochée par des échecs successifs. Lancinants parcours maintes et maintes fois répétés pour se convaincre que la conclusion qu’on en vaut pas la peine est fausse mais démonstration dont nous sommes les premiers à ne jamais y souscrire.

Puis nous avonns aussi partagé sur ce qu’on en fait… comment et combien on s’en occupe. Chapitre bien court chez la plupart pour deux ordres de raisons. Le refus d’abord de ce désir particulier, qui fait que je ne m'en occupe pas.. Par la bande un refus soi, en quelque sorte; sous le joug des interdits, sous le joug de l’indignité, de l’échec, déjà nommés plus haut. Puis ces autres désirs, dont on ne prend pas soin parce qu'ils sont révélateurs de notre petite névrose ordinaire, qu’on ne veut surtout pas montrer, révélateurs de ces pistes que nous parcourons obstinément, et tout autant vainement, et dont une bonne part de tout chemin de libération consiste d’abord à prendre conscience. Comme autant de conditionnements qui nous empêchent de liberté. Un peu comme ces logiciels de traitement de texte dits évolués qui pensent tellement pour vous, qu’ils vous empêtrent dans des luttes improductives et sans fin contre leur interprétation de vos agirs, de vos désirs !!!


Comme d’habitude mais en moins complet, je vais tenter de mettre en texte certains des échanges que ma mémoire veut bien me redonner. Toujours en tentant de les rendre anonymes et dans le simple espoir de vous permettre d’en résonner et de toucher à votre tour l’espace de vos désirs. Mes excuses ont déjà été présentées mais j’ajoute ma demande de pardon à ceux qui étaient là et qui ne se verraient pas, ou mal, reflétés dans les paragraphes qui suivent. Je vous rappelle ainsi qu’à tous ceux qui liront, que vous pouvez partager votre prise de conscience personnelle via un commentaire à ce billet, donc compléter ce que je n’aurais pas rendu fidèlement ou omis. Je suis profondément persuadé que nos prises de consciences personnelles sont autant de contribution à la prise de conscience collective, et qu’il est même de notre devoir de témoigner de notre position dans le monde, pas par complaisance à la gloire de notre personne, mais par souci de compatir et célébrer la totalité de la vie.

Encore une fois merci à tous d’être là.

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« Chez-moi les désirs, ça n’était pas permis, pas nommables. Évidemment personnes ne les satisfaisaient alors ne restaient qu’à en vivre la rage, la colère. J’en suis resté avec l’intime conviction que c’est impossible la satisfaction de mes désirs.
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La famille chez-nous c’était un enfer total. Mon seul désir, en tout cas un des mes ardents désirs, chéri, répété, obstinément espéré, était de partir de là. Quand les services sociaux nous ont placés, les enfants, pour moi ça été la confirmation que si vous le désiriez vraiment de tout votre cœur, vos désirs seraient exaucés. Aujourd’hui, je vois bien que c’est pas tout à fait vrai, les désirs matériels ne sont pas tous comblés, mais je crois que si c’est un désir du cœur, un désir de la Vie avec un grand V, ça vient.
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J’ai été pendant des années sans femme. Ça marchait juste pas. Essentiellement, dans ma tête, parce que j’étais gros, indésirable. Et chaque échec, et il y en a eu, venait renforcer cette conclusion. Tellement que même maintenant alors que j’ai une relation stable, je n’arrête pas de me demander ce qu’elle peut bien me trouver, qu’elle va finir par se rendre compte de l’imposture et me quitter.
Un autre aspect de ça est cependant plus dangereux. Ma relation est très satisfaisante, signifiante et j’y tiens beaucoup. Mais les autres femmes me tentent, surtout là au printemps. Non, mais elles sont tu pas assez fatigantes les belles filles au printemps  ! C’est sur que c’est en partie un simple un appel de la chair, mais c’est aussi autre chose. Je crois que je voudrais avoir plus de filles pour compenser toutes celles que j’ai pas eues, comme pour équilibrer mon bilan négatif, comme si devenir multimilliardaire pourrait effacer le fait que j’aie déjà fait faillite !
Il y a aussi que des fois, je trouve aussi ça moche de pas avoir connu d’autre femme. En tout ca, je me demande souvent si je ne le regretterai pas à 50 ans. Ça fait loser d’avoir connu qu’une seule femme..
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Ah non mon vieux, y a pas de loser, pi de winner là ! En tout cas moi je peux te dire que j’aimerais ben ça avoir passé ma vie avec la même femme. Je suis avec la 4e, penses tu que c’est drôle ? Pas encore avoir réussi à établir une relation intime qui tienne. Mon tableau de chasse y est plein. J’ai même eu un chum qui le remplissait pour moi. Lui, on rentrait quelque part et c’était instantané. Il venait me voir et il me disait toi aussi tu vas en avoir une, et effectivement, il m’en ramenait une. Mais après des années, il s’est écoeuré. Il a fini par se marier. Je l’ai pas revu depuis des années et je ne sais pas s’il est toujours avec sa femme mais un tableau de chasse bien garni, ça donne rien, ça j’en suis sûr.
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Drôle, personne n’a parlé de sexualité. Moi une chose qui m’interroge beaucoup est l’espace d’intimité autour du sexe. L’espace d’intimité dans nos vies. On a installé des règles d’exclusion autour de ça : on a chacun son espace, dans lequel les autres ne doivent pénétrer que sur permission, on frappe avant d’entrer, etc. On a pas mal d’adolescents à la maison. Si je pense à la masturbation, cet espace en est le protecteur en un sens mais par ailleurs c’est aussi comme si personne ne devait nous voir dans notre désir… ??? Ou comme si nous ne devions le montrer à personne…
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D’abord je voudrais vous dire combien je suis étonné de votre ouverture et de votre franchise à vous livrer. C’est ma première fois avec vous et je vous en remercie. Ce n’est pas si facile pour moi mais je plonge. Mes désirs à moi, je dirais qu’ils son pas mal tous comblés. J’ai plutôt réussi alors sur le plan matériel j’ai tout ce qui m’a tenté assez ou presque. Sur les plans professionnel et amoureux, je suis tout autant choyé. Pourtant il me manque quelque chose, je ne suis pas comblé, rempli, satisfait…
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Pourtant, je dirais moi que les désirs c’est le feu de la vie, c’est la carotte qui nous fait avancer. C’est la motivation d’aller toujours voir ailleurs, plus loin, autrement, c’est la force d’expansion…Ouais, les désirs, au fond, c’est le feu de la vie…
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Ben moi c’est drôle, je vais vous dire que les désirs importent pas tant que ça dans ma vie… J’ai passé ma vie à tenter de me faire aimer des autres et pour ça j’ai allègrement abandonné tous les désirs présents dès qu’il y avait quelqu’un dans le décor…


jeudi 7 mai 2009

Vos désirs, vous en occupez vous ?

C’est le thème de notre prochaine soirée, mardi soir, le 12 mai (erronément identifié le 14 dans une version précédente...).

En abordant ce thème me sont venues diverses questions et réflexions, des sentiments et des émotions aussi. Je vous les partage histoire de vous faciliter le lancement votre propre réflexion sur les désirs dans votre vie. Nul doute que vos pistes seront différentes des miennes. Mais c’est une belle pelote de laine avec laquelle le chat a pas mal joué que notre histoire et il faut bien commencer par un des bouts qui dépasse… Ca en fait souvent ressortir un autre. Et des fois c'est à croire qu'on est tout dans la même pelote...

Désir, ou désirs d’abord? Le désir, au singulier, est bien plus présent dans ma vie consciente que les désirs. « Ch’t’un gars après toute ! ». -Mais le thème est au pluriel… Ouais !... Déjà une prise de conscience...

Mes désirs ? -Connais-pas... Enfin pas tant que ça. Mais si je creuse un peu, j’en trouve. Même pas mal ! Désirs de couple idéal (je suis déjà en couple..), d’objets de toutes sortes, de reconnaissance, d’amour, d’amitié, de plaisirs, de voyages, de temps (ah oui du temps, oh délice.).

Et…m’en occuper ? -Non! Ben non. Pas trop, en tout cas… -Enfin … ça se fait pas. -Eeeee… -Je suis sérieux, moi… Je travaille, je produis, je fais fonctionner les choses... -… -Quoi ? Les satisfaire, les combler, les reconnaitre !! Non, non, non et non !. Plutôt les maitriser, les cacher. -Non mais, je vais avoir l’air de quoi ! - Les crier ? -Non mais, ça va décidément pas ! Oupss…
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Ok j’exagère un peu, j’en mets et j’en rajoute. (Désir d’être drôle, si au moins je peux vous faire rire…). Dans mon cas, mon histoire à moi, les désirs, c’est pas « disable », c’est pas correct. On était trop pauvre : exit les désirs de jouets. Ma mère était exténuée : exit les désirs de soins. Mon père était blessé, handicapé physiquement, alcoolique, prostré sur lui-même : exit le désir de reconnaissance. Et il y avait à travailler pour mettre du pain sur la table, pour faire sa part, pour mettre du beurre sur le pain : alors exit le désir de jouer…
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Ok. Je recommence : m’en occuper? Les reconnaître peut-être d’abord. -Danger : Mon désir d’amour, de soins, je l’ai comblé en étant fin, en soignant. Si j’arrête de m’occuper d’eux, je risque de perdre l’attention que ça m’apporte…
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Ok je recommence : je le reconnais ce désir mais qu’est-ce que je fais avec ? …-Je m’en occupe moi-même, tiens. On est jamais si bien servi que par soi-même, pas vrai !... – Demander ?. –Non mais décidément, si y faut que je me mettre à quémander !
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Mettre en place ce que ça prend pour le satisfaire ? Identifier ce qui fait que je n’y arrive pas, que je ne le veux pas tant que ça ? Est-ce que j’aurais aussi un désir contraire qui fait que je me tempère , me bloque même dans mes ardeurs pour le combler ?Ouf!
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Et le couple ? L’âme sœur. -Si elle pouvait se pointer celle-là !... Incroyable le nombre de personne qui désirent être en couple et n’y arrivent pas. -Oui … mais… -Ah... mais… Et si je suis en couple ? -Non mais elle pourrait pas comprendre ? Faire ça de même ? Comme moi! Comme du monde, quoi !
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Et qu’est-ce qu’il y a derrière tel ou tel désir particulier? Vraiment tant besoin de ça ou c’est une substitution. Tiens ce bidule électronique que tout le monde achète tout à coup. J’en ai besoin ? J’attendais vraiment que ça soit inventé pour enfin ajouter à ma qualité de vie, de travail, de je ne sais quoi ? Ou ca me donne l’air cool, branché, riche. Alors, j’ai besoin d’une oreillette Bluetooth ou de la reconnaissance ? D’être de la gang…? De paraître ..disons important? Vous, c’est vraiment efficace de passer comme ça par désir interposé… ? Ça m’amène plus chez-moi ou ca m’exile encore plus hors de moi-même ?
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Voilà. J’arrête là.

Et vous les désirs, c’est comment dans votre vie?

Vous les voyez comment ? Vous vous en occupez comment ?

Négation, consommation, rationalisation, esclavage, fuite en avant ou juste reconnaissance de la vie et de ses besoins. Autre chose encore sûrement.

On continue ça ensemble mardi. J'ai hâte de vous entendre, je suis certain que je vais dégager d'autres bouts de laine...

Gênez-vous pas pour amener un ami, un collègue. Comme d’habitude, on va en sortir un peu plus large, un peu plus riche et un peu plus libre.

19 :30, 39b boul. Gouin Ouest, derrière le Centre de psychologie Gouin. Métro Henri-Bourassa et dix minutes à pied, ou le bus Gouin ouest.

Bon temps d’ici là ! Bon désirs ;-)

jeudi 16 avril 2009

Une soirée de crise…

Huit ce soir que nous étions à partager sur la crise dans nos vies.

La crise. Thème pas évident. Le silence était quasiment bruyant avant qu’on ose prendre la parole de front sur le sujet. Y a de la douleur, de la souffrance, de la peur derrière la crise.
Huit hommes donc.

En commençant par la fin, tiens, des grands thèmes :

Huit auteurs en quête d’une crise ? Huit victimes de la crise ? Mais la crise de qui ? Du personnage qu’on s’est bâti pour s’en sortir ? Se sortir de quoi ? Huit consommateurs de crise? Je suis en crise donc je suis ? La crise dont on se protège, qu’on enterre, dont on a appris à se garder. La crise dont l’autre est responsable, dont je n’ai pas su me prévenir en choisissant mieux l’autre. La crise de l’autre qui nous emportera et qu’on ne veut pas subir. La crise dont on a passé l’âge, dont on a pu les moyens. La crise révolte, terroriste; explosion pour casser la baraque qui nous enserre, nous étouffe, nous met en situation critique. La crise, lorsqu’il n’y a plus d’issues, parce qu’on ne voie plus d’issue. La crise suicide, comme un appel, un message « Sortez-moi de là ». La crise qu’on prend le temps de vivre et de ressentir. La crise dont on apprend, qu’on risque pour avancer, comme on risque le déséquilibre pour poser le pied levé en avant. La crise qui nous pousse en avant.

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" Mes crises, elles se sont bâties de multiples petites crises, une empilade, un barrage. À un moment donné, ça bouchait tout, il ne restait plus qu’à en sortir. Ca été dans le couple, principalement. J’y ai appris comment faire mieux pour ma prochaine relation. […] Mais je réalise, plus je vous en parle qu’il y a là encore des blessures pas guéries, et qu’en fait, ça fait 12 ans que je ne suis plus en couple pour pas retoucher à ça.

Les échecs que mes crises de couple ont révélés, je me rends compte que j’en parle pas trop. En fait, j’en ai honte…

Moi aussi mes crises sont des affaires de couple. J’y ai appris à me responsabiliser. Avec ma première femme, la crise c’était elle, elle la "crisse de folle", elle le problème. À la suivante, je me suis encore fait prendre que je me suis dit... Pour finir par comprendre que j’étais attiré par les femmes semblables à ma mère. C’est donc devenu un leitmotiv, en trouver qui soit pas comme ma mère. Mais la suivante lui ressemblait encore ... J’ai donc assumé un peu plus : j’avais mal choisi encore et c’est moi qui me mettais en situation où la crise allait venir…

J’hésite à rebrasser c’te vieille histoire, ca fait plus de 25 ans. Pour toutes sortes de raisons, et en passant, pour moi une crise ça se tricote de longue main, ça vient de toutes sortes de petites crises préalables, je m’étais enrôlé dans l’armée. À plein d’égards, ça été une expérience fantastique, mais est arrivé à un moment donné une crise qui a fait que je ne pouvais plus rester là. Mais on sort pas de l’armé en criant ciseau. C’est devenu tellement intenable et sans issue que j’ai tenté le suicide. Je sais maintenant que je ne voulais pas que ça réussisse, que c’était un appel à la vie plutôt qu’à la mort, mais j’y ai appris à ne plus jamais me mettre dans une situation où il n’y avait pas d’issue. Je suis maintenant comme une souris qui « check » tout le temps la moindre petite fente par où elle pourra s’échapper. J’ai ainsi aussi appris à toujours laisser une porte de sortie à l’autre. Sans porte de sortie, ça peut dégénérer et il ne nous reste plus alors qu’à se sauter à la gorge pour en sortir. Et là les dégats sont moches…

Ce thème, je l’ai enligné de travers pendant des semaines, avant d’accepter de vraiment le regarder. Quand une « opération réduction de personnel » m’est passé dessus, ca été dur. J’étais fier moi de travailler là.

Moi, je suis en plein dans la crise. D’abord, la vieille crise avec mon père a connu un autre soubresaut cet hiver : un de mes pères de substitution est décédé. À nouveau orphelin… En parallèle, j’ai réalisé que plein de choses dans ma vie avaient été orchestrées par celui en moi qui veut se faire aimer, accepter. J’ai réalisé que je ne voulais plus de la job que j’avais, de la blonde que j’avais, et j’ai tout balancé ! Et moi qui ai toujours eu mon char comme dernier refuge de nomade, ben il a flanché. Je me suis mis à ne plus dormir. Un jour, deux jours, une semaine… Oups ! Me voilà ici, sans repères. J’ai comme pas vu quelque chose dans le point mort entre les rétroviseurs. Je vois bien que je ne suis pas en danger de mort, je suis encore là mais sans direction, dans le flou. Aujourd’hui, je ne suis pas allé travailler. Pas le goût, ça m’allume pas.. Et ces questions qui me reviennent : C’est qui qui tient le « steering » ? C’est quoi le point mort ?

Autre aspect particulier aussi combien certains de mes proches la prennent pas la crise. Faut que je me replace, me reprenne en main. Faut dire que je viens d’un milieu où on est productif.

La crise m’a permis de savoir que j’avais des forces certaines sur lesquelles je pouvais m’appuyer. Je sais que je peux fournir et bien faire telle ou telle chose. Ça me fait un fond, un plancher où rester debout.

Moi en tout cas, tous vos témoignages me rejoignent beaucoup. Mon père était un malade, qui nous traitaient ma sœur et moi comme de la merde. À 15 ans, on en pouvaient plus on s’est sauvé. Je ne l’ai pas vu pendant 15 ans…

Ouais, moi je me sens un peu bizarre, il y en a pas de crise (rires généralisés « C’est pas obligatoire, tu sais !)

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Huit hommes donc. À reprendre et partager l’inventaire de notre histoire personnelle, cette histoire dont la logique nous enferme dans des attitudes, des comportements, des idéaux de bonheur ou des spectres de malheur, qui font de nous des marionnettes au bout des fils de nos histoires. Huit hommes à apprivoiser leurs démons, et leurs anges, à prendre le temps de sentir, à oser ressentir ce qui fait la trame de nos vies. À oser ainsi un peu de liberté.
Huit hommes qui ont accepté encore une fois que nous vous partagions des éléments de la soirée, solidaires, ensemble, mais avec vous, qui êtes déjà venu et n’étiez pas là ce soir, avec vous qui n’avez pu encore vous joindre à nous.

Huit hommes qui vous espèrent vous aussi briser le silence. Et nous parler de votre vécu de la crise en osant un partage via un commentaire dans la petite case juste ici en bas. Au moins, un petit signe, que ca vous touche ou pas en cochant une des petites cases ici bas.

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On vous rappelle que le prochain atelier Entr’hommes est dans la fin de semaine du 24-26 avril si vous désirez vivre avec d’autres hommes une expérience d’ouverture à votre intimité, à votre histoire, à votre mythe personnel. Voir le site pour plus de détail ou appelez à l’Arc-en ciel pour vous inscrire. Si vous désirez en parler, demandez à ce qu’on vous rappelle, nous sommes généralement à notre boulot régulier pendant les heures d’ouverture du bureau mais on vous recontactera les soirs suivants.

Paul-Emil et Pierre-Paul.

dimanche 5 avril 2009

Comment gérer la crise…mode d’emploi ???

Bonjour à tous, bienvenue au blogue des soirées à thème Entr’Hommes,

Ce mois-ci nous parlerons des évènements plutôt difficiles que la vie met sur notre route, et de la manière dont nous les abordons.
Mais qu’entendons-nous exactement par le terme Crise ?
Je vous propose une définition pour les besoins de notre propos :

Phase difficile, décisive, et souvent nécessaire dans l’évolution d’une personne.

Dans mon expérience, une crise peut survenir quand je perds subitement mes référence face au connu ou à ma sécurité.
J’ai pleuré quand, il y quelques années, j’ai perdu mon emploi comme ingénieur chez Nortel. J’ai été de glace et même arrogant pas quand j’ai appris la nouvelle par mon employeur, stoïque quand j’ai passé par le bureau des ressources humaines, mais quand je suis revenu à la maison, la vague déferlante d’émotions m’a frappé de plein fouet. Mélange intenable de colère, et de fragilité face à l’inconnu. Mon univers venait de basculer.

La vie se charge de mettre sur notre chemin des épreuves parfois violentes (accident grave, séparation, perte financière, agression, décès, perte d’emploi,..) qui bousculent profondément notre intégrité émotionnelle, rationnelle, et physique.

J’avoue que je me retrouve également en réaction de crise intérieure à partir d’évènements beaucoup plus banals, presque quotidiens. La crise est de plus courte durée, mais au moment de la réaction, je suis complètement emporté.
Je ne sais pas si je suis seul à vivre cela, mais je rage quand vois ma blonde me picosser longuement et péniblement, sur le fait, par exemple qu’elle juge que je ne suis pas un père assez directif pour l’éducation de mon fils, ou quand je n’ai pas acheté le pot d’épices qu’elle avait absolument besoin et qui était pourtant inscrit sur la liste d’épicerie, et si selon elle, je n’ai pas employé le bon produit nettoyant pour faire ‘’ma ’’ salle de bain.
Que de réactions pénibles à endurer moi-même et à faire endurer à l’autre (ma blonde par exemple…). Et que d’énergie gaspillée.
Mon dieu, que faire…aidez-moi quelqu’un…je suis perdu….

La vie nous offre immanquablement des moments difficiles à supporter, à tous les niveaux.

D’une part, il y a au moment de la crise les faits à considérer irréfutables, je viens de perdre mon emploi par exemple, avec toutes les implications concrètes et réelles auxquelles il me faudra graduellement faire face.
Et d’autre part, il y a des pensées et des scénarios, parfois furtifs, mais qui émergent de mes tripes, et dans lesquels je me projette allégrement comme s’ils faisaient partie intégrante de la réalité. Ces scénarios font plutôt partis de MA réalité, de ma propre expérience. Ils prennent quelquefois l’aspect d’être plus réels que réel.
Dans mon expérience, c’est encore la partie la plus souffrante.

Dans ce contexte, passer à travers une crise, quelle qu’elle soit, est un cheminement de vie important qui demande écoute et compassion soi-même et pour l’autre.

Et vous, quelles sont vos expériences et vos découvertes face aux difficultés de votre vie.
Est-ce qu’il vous reste un gout amer face à une crise passé ou présente ?
Et la question demeure, y a-t-il un mode d’emploi?

On se retrouve donc le mardi 14 avril pour une autre soirée Entr’Hommes

Pierre-Paul et Paul-Émil