Encore 7 gars le 2 décembre dernier à l’Arc-en-ciel, à partager sur le thème Besoin de reconnaissance, jusqu’où cela me mènera-t-il ?
Désolé si ce compte rendu est tardif, j’ai été à l’extérieur. Merci à Martin qui a revu et complété pour beaucoup la rédaction de mon premier brouillon.
Encore une fois, merci les gars de tant de générosité de franchise et d’être d’accord pour que je rapporte une partie de nos propos, celle dont j’arriverai à me souvenir et, je l’espère, sans trop la déformer, au bénéfice de vous lecteur que nous ne connaissons pas encore mais que nous reconnaissons probablement partageant une partie de nos réalités.
On vous attend, vous lecteurs, soit de vos commentaires et partages dans ce blogue, soit par votre présence, un de ces 4.
• C’est l'histoire de ma vie, j’avais remarqué ce thème depuis longtemps et j’attendais cette soirée. J’y ai beaucoup pensé et un événement m’est constamment revenu. J’étais un p’tit gars et j’avais fait un tiroir pour classer des fiches. Ce n’était rien de bien extraordinaire, un truc d’enfant. Je le montrai à mon père et il me dit « C’est pas mauvais » ! J’ai alors été très déçu de si peu de reconnaissance. Je le sais bien maintenant, parce que j’ai fait plusieurs thérapies là-dessus, que c’était pour lui le top de ses compliments, qu’il n’était pas capable d’en dire plus, d’aller plus loin, que c’était sa limite à lui. Mais, ça demeure encore un point sensible. Durant toute ma vie professionnelle, j’ai ainsi été serviable afin de pouvoir recevoir plus q’un simple « C’est pas mauvais » comme appréciation. Si quelqu’un me demandait un service, j’y allais à fond, espérant cette reconnaissance. Ce n’est pas mauvais non plus. J’ai fait de belles affaires, de bonnes choses comme ça et j’ai réussi à recevoir de la reconnaissance par cela.
• Cela se joue toujours, même retraité, dans mes activités de loisir. En prenant du recul, oui, enfant je cherchais la reconnaissance de mon père qui me terrifiait et en même temps j’avais besoin de son amour et de son approbation. La honte, le rejet ont fait en sorte que j’ai eu un immense besoin d’être reconnu par mes pairs, les femmes et les gens en général. J’ai dépensé énormément d’énergie et j’en dépense encore pour être reconnu, aimé des gens. C’est comme une nourriture essentielle pour être vivant. En même temps je reconnais que ça crée un malaise d’être dépendant de cette reconnaissance, de l’énergie qui est investi pour avoir cette reconnaissance et les attentes que je peux avoir face aux gens pour être reconnu. Il y a un faux sentiment de satisfaction ça nourrit plus l’égo que l’âme. L’égo en a vraiment besoin!!!
• Pour moi la reconnaissance, c’est à double tranchant… J’en veux, j’en cherche mais c’est comme un esclavage, une dépendance, dont à la limite j’ai honte. En plus j’en suis méfiant. Si quelqu’un me reconnait ça fait : « attention ! demande en vue !
• De plus en plus j’attends de la reconnaissance. Mais ambiguïté, si je suis pris entre deux personnes à satisfaire et de qui je désire de la reconnaissance, mais qui sont opposées dans leurs demandes. Je deviens une girouette pour être reconnu, et je perds de ma crédibilité aux yeux des autres.
• Toute ma vie durant, j’ai travaillé en maudit pour trouver la reconnaissance. J’ai cherché à briller par ma sagesse, pour ma générosité, par les résultats de mon travail, à être tellement parfait, que les autres ne pourraient pas ne pas me voir, ne pas me reconnaitre.
• En tout cas, je suis frappé de voir combien il y a d’énergie à soir. Plus que toutes les autres rencontres que nous avons eu il me semble. C’est un sujet qui nous allume en maudit.
• « Never ending story », j’en veux toujours plus, c’est toujours à recommencer. J’en ai pas sitôt eu un peu, que je veux en avoir encore d’autre et même plus.
• C’est à se demander si ce n’est pas un truc qui a été inventé par la Vie pour nous faire faire qqchose. Pour nous garder en mouvement.
• Je suis sûr que s’il y avait 10 femmes, ici avec nous, le discours serait complètement différent
• Il me vient aussi, que je ne voudrais pas qu’on me reconnaisse quand je jette un coup d’œil à une revue porno le soir… Je choisis ce que je présente et à qui, selon ce que je sais qui marchera ou pas pour obtenir sa reconnaissance.
• En vous écoutant, il me vient, qu’il y a la reconnaissance, mais aussi la satisfaction, et que parfois c’est moins stressant de rechercher la satisfaction, que la reconnaissance.
• C’est drôle, parce que quand tu dis ça, je sens comme un stress en moi qui dit « NON, pas question que je n’aie pas la reconnaissance ! » . Je réagis énormément, comme si tu allais tuer ma mère ou quelque chose d’aussi grave !!!
• Moi, je partage ton avis. La satisfaction c’est fini, complet. Ce que j’ai fait est complet, fini, y a pas de suite que le bien-être. Alors que la reconnaissance, c’est tout le temps, ça prend une transfusion permanente, un goutte-à-goutte sans fin dans mes veines.
• Oui c’est vrai, mais c’est quoi la satisfaction ? C’est de l’auto reconnaissance. C’est moi qui me dis que ce que je fais est bien, je suis satisfait, quoi ?
• La reconnaissance c’est quelque chose de l’âme, de l’ordre de l’amour, de l’affection. Alors la reconnaissance par la possession de biens, de statut, ça s’use vite.
• Le matériel s’use, mais reste un fantasme puissant : Si je gagne le gros lot de 20 millions, demain j’ai un gros truck, une grosse maison et tout ce qui va avec. Évidemment tant que j’en ai pas les moyens, je m’adapte, mais pour moi la possession matérielle demeure un fantasme.
• Moi en tout cas, j’ai besoin de me libérer un peu de ces attentes, parce que ça « fuck » tout, ca mélange tout. Je ne peux pas entreprendre une nouvelle relation sans que cette pression ait diminuée un peu. Autrement, je ne suis pas disponible à l’autre, je ne suis branché que sur mes attentes, mon besoin de reconnaissance.
• Après cette soirée à en faire le tour de mon besoin de reconnaissance, je sens que je vais avoir un petit peu de distance par rapport avec mes attentes. Je vais me dire parfois : « Modère mon Paul, t’en as besoin en maudit aujourd’hui ». Cela va me redonner un peu d’espace, faire baisser un peu la pression...
• Mais cela ne disparaîtra pas, ne diminuera pas. Je ne pense pas.
Voilà ! À vous maintenant !
Notre prochaine soirée, le 12 janvier est sur le thème Sortir du tourbillon, est-ce possible ? Entre autres, cette reconnaissance dont nous avons parlé à cette soirée est souvent la cause d’un tourbillon incessant de choses à faire, de gens à satisfaire, d’attentes à combler…
Possible d’en sortir ?
D’ici là je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d’année.
mercredi 24 décembre 2008
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