mardi 14 octobre 2008

Etre homme, c'est quoi ?

Mardi le 7 octobre, nous étions quelques gars réunis à l'Arc-en-Ciel autour de cette question.

De retour chez-moi, ayant trouvé cette soirée riche, touchante, je me suis dis que ca aurait été magnifique que plus de gars fassent avec nous l'expérience de cet échange franc, libre. Alors je me suis mis à noter les interventions dont je me souvenais.

Je vous les offre tout en spécifiant que j'ai tenté de restituer le ton de la conversation tout en tricotant un peu les choses de façon à préserver l'anonymité des participants.

La prochaine soirée sera le 11 novembre, avec le thème "Hommes en quête de sens. Réussir dans la vie ou s'accomplir ?" Je vous y invite et vous y espère. La liberté ne s'acquiert qu'en prenant la mesure de nos entraves, celles qu'on nous a imposée soit, mais pire et plus insidieux, celles que nous avons internalisées... Le premier geste est de les nommer et de les débusquer. Et avec la complicité des hommes, c'est à la fois inspirant et rassurant.

Alors voici quelques unes des idées émises le 7 octobre en réponse à la question "Etre homme, c'est quoi ?"


Moi je ne me pose plus la question.


C'est surtout ne pas être comme mon père. --Je dois avoir le même père que toi !


Je me suis longtemps posé la question. Je suis un gars, j'ai deux couilles qui pendent entre les jambes ! Tout ce que je fais, suis, c'est donc un gars qui le fait.


Ca été une torture toute ma vie que de répondre aux attentes, au rôle social. Oui ça été lourd "D'être un homme.". Mais maintenant, c'est fini. Ma véritable proximité avec mon fils, ça été quand je jouais avec lui, pas quand j'ai essayé d'être un bon père, de l'élever, d'en faire quelque chose. J'ai juste réussi à être quelqu'un de plate à coté de lui parce que dans le rôle. J'étais vide, sec, une maison inhabitée.


Ma blonde enceinte de notre deuxième enfant se plaignait souvent d'être fatiguée. Je me disais alors "Etre enceinte, c'est pas une maladie ça. Dans le temps, les femmes avaient bien plus d'enfants et travaillaient en plus aux champs !" Mais je lui ai tout de même offert de l'aide. Dans le fond, j'essayais de déterminer son rôle pour mieux définir le mien, pour me sécuriser dans le mien.
---Définir le rôle, c'est juste une façon d'éviter le trouble de s'adapter constamment à la situation, de s'assurer qu'on est correct, parce que dans le fond, c'est de ca qu'on doute : "Ch'tu correct ?"


Faut juste trouver un équilibre. Pendant des années, j'ai été le gars doux, qui essayait de satisfaire l'autre, qui disait jamais rien. Ca marche pas ça. Puis un jour, en circulation, un incident m'a fait péter les plombs, il y a eu comme une poussée d'adrénaline qui m'a fait nommer et affirmer ma place. C'est phénoménal de voir c't'énergie mâle en action, cette force. L'autre a pris son trou. Moi, j'aimerais ça qu'on prenne le temps de s'asseoir, de se dire les affaires, mais ca marche souvent pas. Encore aujourd'hui des fois me semble qui faut que je me choque pour qu'on m'entende, me prenne au sérieux. Mais ça non plus ca marche pas vraiment.


Moi je trouve qui faut vivre avec tout ce qu'on est. C't'énergie mâle elle fait partie de nous.


Je ne peux pas m'empêcher de réagir si on me dit que j'agis pas en homme... J'ai beau avoir 15 ans de groupe d'homme, de thérapies en tous genres, d'avoir débusqué les "il faut", (j'en ai tout un catalogue), s'agit qu'on remette un tant soit peu en question que je suis un homme, un vrai, que je bondis comme un malade pour prouver le contraire. Je pense qui faut pas tant trouver un équilibre que rester en équilibre. Être un homme, c'est juste une maudite question qui me fait sortir de mon assiette, fait pencher un peu trop ma chaloupe, puis souvent prendre l'eau quand c'est pas carrément revirer à l'envers...


On est programmé, on peut pas s'en sortir. Faut aussi accepter ça, accueillir ça, on peut rien contre ça. On a été, on est, fait de ça.


Mais il faut en prendre consciencce, le voir, pour pas toujours être en réaction, revenir tranquille pour redevenir capable de juste répondre à la situation.


Moi, je ne me pose pas la question ... sauf quand il y a une femme en face ou à qui je pense.


La force physique qui en impose et qui a longtemps fondé le pouvoir des hommes demeure un enjeu dans les relations tant face aux hommes qu’aux femmes : il faut que je puisse en imposer, correspondre à l’image du mâle fort, dominant et en contrôle pour plaire aux femmes et m’imposer dans le troupeau. Ca rejoint une espèce de définition très primitive de l’homme.


Les rencontres entre hommes me permettent d’enlever pour un moment mon armure et d’être indépendamment des stéréotypes.

Voilà, il en manque.. mais je veux remercier les gars qui étaient là et j'espère tous ceux qui n'y étaient pas. à bientôt, Paul-Emil.

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