Huit ce soir que nous étions à partager sur la crise dans nos vies.
La crise. Thème pas évident. Le silence était quasiment bruyant avant qu’on ose prendre la parole de front sur le sujet. Y a de la douleur, de la souffrance, de la peur derrière la crise.
Huit hommes donc.
En commençant par la fin, tiens, des grands thèmes :
Huit auteurs en quête d’une crise ? Huit victimes de la crise ? Mais la crise de qui ? Du personnage qu’on s’est bâti pour s’en sortir ? Se sortir de quoi ? Huit consommateurs de crise? Je suis en crise donc je suis ? La crise dont on se protège, qu’on enterre, dont on a appris à se garder. La crise dont l’autre est responsable, dont je n’ai pas su me prévenir en choisissant mieux l’autre. La crise de l’autre qui nous emportera et qu’on ne veut pas subir. La crise dont on a passé l’âge, dont on a pu les moyens. La crise révolte, terroriste; explosion pour casser la baraque qui nous enserre, nous étouffe, nous met en situation critique. La crise, lorsqu’il n’y a plus d’issues, parce qu’on ne voie plus d’issue. La crise suicide, comme un appel, un message « Sortez-moi de là ». La crise qu’on prend le temps de vivre et de ressentir. La crise dont on apprend, qu’on risque pour avancer, comme on risque le déséquilibre pour poser le pied levé en avant. La crise qui nous pousse en avant.
+++
" Mes crises, elles se sont bâties de multiples petites crises, une empilade, un barrage. À un moment donné, ça bouchait tout, il ne restait plus qu’à en sortir. Ca été dans le couple, principalement. J’y ai appris comment faire mieux pour ma prochaine relation. […] Mais je réalise, plus je vous en parle qu’il y a là encore des blessures pas guéries, et qu’en fait, ça fait 12 ans que je ne suis plus en couple pour pas retoucher à ça.
Les échecs que mes crises de couple ont révélés, je me rends compte que j’en parle pas trop. En fait, j’en ai honte…
Moi aussi mes crises sont des affaires de couple. J’y ai appris à me responsabiliser. Avec ma première femme, la crise c’était elle, elle la "crisse de folle", elle le problème. À la suivante, je me suis encore fait prendre que je me suis dit... Pour finir par comprendre que j’étais attiré par les femmes semblables à ma mère. C’est donc devenu un leitmotiv, en trouver qui soit pas comme ma mère. Mais la suivante lui ressemblait encore ... J’ai donc assumé un peu plus : j’avais mal choisi encore et c’est moi qui me mettais en situation où la crise allait venir…
J’hésite à rebrasser c’te vieille histoire, ca fait plus de 25 ans. Pour toutes sortes de raisons, et en passant, pour moi une crise ça se tricote de longue main, ça vient de toutes sortes de petites crises préalables, je m’étais enrôlé dans l’armée. À plein d’égards, ça été une expérience fantastique, mais est arrivé à un moment donné une crise qui a fait que je ne pouvais plus rester là. Mais on sort pas de l’armé en criant ciseau. C’est devenu tellement intenable et sans issue que j’ai tenté le suicide. Je sais maintenant que je ne voulais pas que ça réussisse, que c’était un appel à la vie plutôt qu’à la mort, mais j’y ai appris à ne plus jamais me mettre dans une situation où il n’y avait pas d’issue. Je suis maintenant comme une souris qui « check » tout le temps la moindre petite fente par où elle pourra s’échapper. J’ai ainsi aussi appris à toujours laisser une porte de sortie à l’autre. Sans porte de sortie, ça peut dégénérer et il ne nous reste plus alors qu’à se sauter à la gorge pour en sortir. Et là les dégats sont moches…
Ce thème, je l’ai enligné de travers pendant des semaines, avant d’accepter de vraiment le regarder. Quand une « opération réduction de personnel » m’est passé dessus, ca été dur. J’étais fier moi de travailler là.
Moi, je suis en plein dans la crise. D’abord, la vieille crise avec mon père a connu un autre soubresaut cet hiver : un de mes pères de substitution est décédé. À nouveau orphelin… En parallèle, j’ai réalisé que plein de choses dans ma vie avaient été orchestrées par celui en moi qui veut se faire aimer, accepter. J’ai réalisé que je ne voulais plus de la job que j’avais, de la blonde que j’avais, et j’ai tout balancé ! Et moi qui ai toujours eu mon char comme dernier refuge de nomade, ben il a flanché. Je me suis mis à ne plus dormir. Un jour, deux jours, une semaine… Oups ! Me voilà ici, sans repères. J’ai comme pas vu quelque chose dans le point mort entre les rétroviseurs. Je vois bien que je ne suis pas en danger de mort, je suis encore là mais sans direction, dans le flou. Aujourd’hui, je ne suis pas allé travailler. Pas le goût, ça m’allume pas.. Et ces questions qui me reviennent : C’est qui qui tient le « steering » ? C’est quoi le point mort ?
Autre aspect particulier aussi combien certains de mes proches la prennent pas la crise. Faut que je me replace, me reprenne en main. Faut dire que je viens d’un milieu où on est productif.
La crise m’a permis de savoir que j’avais des forces certaines sur lesquelles je pouvais m’appuyer. Je sais que je peux fournir et bien faire telle ou telle chose. Ça me fait un fond, un plancher où rester debout.
Moi en tout cas, tous vos témoignages me rejoignent beaucoup. Mon père était un malade, qui nous traitaient ma sœur et moi comme de la merde. À 15 ans, on en pouvaient plus on s’est sauvé. Je ne l’ai pas vu pendant 15 ans…
Ouais, moi je me sens un peu bizarre, il y en a pas de crise (rires généralisés « C’est pas obligatoire, tu sais !)
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Huit hommes donc. À reprendre et partager l’inventaire de notre histoire personnelle, cette histoire dont la logique nous enferme dans des attitudes, des comportements, des idéaux de bonheur ou des spectres de malheur, qui font de nous des marionnettes au bout des fils de nos histoires. Huit hommes à apprivoiser leurs démons, et leurs anges, à prendre le temps de sentir, à oser ressentir ce qui fait la trame de nos vies. À oser ainsi un peu de liberté.
Huit hommes qui ont accepté encore une fois que nous vous partagions des éléments de la soirée, solidaires, ensemble, mais avec vous, qui êtes déjà venu et n’étiez pas là ce soir, avec vous qui n’avez pu encore vous joindre à nous.
Huit hommes qui vous espèrent vous aussi briser le silence. Et nous parler de votre vécu de la crise en osant un partage via un commentaire dans la petite case juste ici en bas. Au moins, un petit signe, que ca vous touche ou pas en cochant une des petites cases ici bas.
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On vous rappelle que le prochain atelier Entr’hommes est dans la fin de semaine du 24-26 avril si vous désirez vivre avec d’autres hommes une expérience d’ouverture à votre intimité, à votre histoire, à votre mythe personnel. Voir le site pour plus de détail ou appelez à l’Arc-en ciel pour vous inscrire. Si vous désirez en parler, demandez à ce qu’on vous rappelle, nous sommes généralement à notre boulot régulier pendant les heures d’ouverture du bureau mais on vous recontactera les soirs suivants.
Paul-Emil et Pierre-Paul.
jeudi 16 avril 2009
dimanche 5 avril 2009
Comment gérer la crise…mode d’emploi ???
Bonjour à tous, bienvenue au blogue des soirées à thème Entr’Hommes,
Ce mois-ci nous parlerons des évènements plutôt difficiles que la vie met sur notre route, et de la manière dont nous les abordons.
Mais qu’entendons-nous exactement par le terme Crise ?
Je vous propose une définition pour les besoins de notre propos :
Phase difficile, décisive, et souvent nécessaire dans l’évolution d’une personne.
Dans mon expérience, une crise peut survenir quand je perds subitement mes référence face au connu ou à ma sécurité.
J’ai pleuré quand, il y quelques années, j’ai perdu mon emploi comme ingénieur chez Nortel. J’ai été de glace et même arrogant pas quand j’ai appris la nouvelle par mon employeur, stoïque quand j’ai passé par le bureau des ressources humaines, mais quand je suis revenu à la maison, la vague déferlante d’émotions m’a frappé de plein fouet. Mélange intenable de colère, et de fragilité face à l’inconnu. Mon univers venait de basculer.
La vie se charge de mettre sur notre chemin des épreuves parfois violentes (accident grave, séparation, perte financière, agression, décès, perte d’emploi,..) qui bousculent profondément notre intégrité émotionnelle, rationnelle, et physique.
J’avoue que je me retrouve également en réaction de crise intérieure à partir d’évènements beaucoup plus banals, presque quotidiens. La crise est de plus courte durée, mais au moment de la réaction, je suis complètement emporté.
Je ne sais pas si je suis seul à vivre cela, mais je rage quand vois ma blonde me picosser longuement et péniblement, sur le fait, par exemple qu’elle juge que je ne suis pas un père assez directif pour l’éducation de mon fils, ou quand je n’ai pas acheté le pot d’épices qu’elle avait absolument besoin et qui était pourtant inscrit sur la liste d’épicerie, et si selon elle, je n’ai pas employé le bon produit nettoyant pour faire ‘’ma ’’ salle de bain.
Que de réactions pénibles à endurer moi-même et à faire endurer à l’autre (ma blonde par exemple…). Et que d’énergie gaspillée.
Mon dieu, que faire…aidez-moi quelqu’un…je suis perdu….
La vie nous offre immanquablement des moments difficiles à supporter, à tous les niveaux.
D’une part, il y a au moment de la crise les faits à considérer irréfutables, je viens de perdre mon emploi par exemple, avec toutes les implications concrètes et réelles auxquelles il me faudra graduellement faire face.
Et d’autre part, il y a des pensées et des scénarios, parfois furtifs, mais qui émergent de mes tripes, et dans lesquels je me projette allégrement comme s’ils faisaient partie intégrante de la réalité. Ces scénarios font plutôt partis de MA réalité, de ma propre expérience. Ils prennent quelquefois l’aspect d’être plus réels que réel.
Dans mon expérience, c’est encore la partie la plus souffrante.
Dans ce contexte, passer à travers une crise, quelle qu’elle soit, est un cheminement de vie important qui demande écoute et compassion soi-même et pour l’autre.
Et vous, quelles sont vos expériences et vos découvertes face aux difficultés de votre vie.
Est-ce qu’il vous reste un gout amer face à une crise passé ou présente ?
Et la question demeure, y a-t-il un mode d’emploi?
On se retrouve donc le mardi 14 avril pour une autre soirée Entr’Hommes
Pierre-Paul et Paul-Émil
Ce mois-ci nous parlerons des évènements plutôt difficiles que la vie met sur notre route, et de la manière dont nous les abordons.
Mais qu’entendons-nous exactement par le terme Crise ?
Je vous propose une définition pour les besoins de notre propos :
Phase difficile, décisive, et souvent nécessaire dans l’évolution d’une personne.
Dans mon expérience, une crise peut survenir quand je perds subitement mes référence face au connu ou à ma sécurité.
J’ai pleuré quand, il y quelques années, j’ai perdu mon emploi comme ingénieur chez Nortel. J’ai été de glace et même arrogant pas quand j’ai appris la nouvelle par mon employeur, stoïque quand j’ai passé par le bureau des ressources humaines, mais quand je suis revenu à la maison, la vague déferlante d’émotions m’a frappé de plein fouet. Mélange intenable de colère, et de fragilité face à l’inconnu. Mon univers venait de basculer.
La vie se charge de mettre sur notre chemin des épreuves parfois violentes (accident grave, séparation, perte financière, agression, décès, perte d’emploi,..) qui bousculent profondément notre intégrité émotionnelle, rationnelle, et physique.
J’avoue que je me retrouve également en réaction de crise intérieure à partir d’évènements beaucoup plus banals, presque quotidiens. La crise est de plus courte durée, mais au moment de la réaction, je suis complètement emporté.
Je ne sais pas si je suis seul à vivre cela, mais je rage quand vois ma blonde me picosser longuement et péniblement, sur le fait, par exemple qu’elle juge que je ne suis pas un père assez directif pour l’éducation de mon fils, ou quand je n’ai pas acheté le pot d’épices qu’elle avait absolument besoin et qui était pourtant inscrit sur la liste d’épicerie, et si selon elle, je n’ai pas employé le bon produit nettoyant pour faire ‘’ma ’’ salle de bain.
Que de réactions pénibles à endurer moi-même et à faire endurer à l’autre (ma blonde par exemple…). Et que d’énergie gaspillée.
Mon dieu, que faire…aidez-moi quelqu’un…je suis perdu….
La vie nous offre immanquablement des moments difficiles à supporter, à tous les niveaux.
D’une part, il y a au moment de la crise les faits à considérer irréfutables, je viens de perdre mon emploi par exemple, avec toutes les implications concrètes et réelles auxquelles il me faudra graduellement faire face.
Et d’autre part, il y a des pensées et des scénarios, parfois furtifs, mais qui émergent de mes tripes, et dans lesquels je me projette allégrement comme s’ils faisaient partie intégrante de la réalité. Ces scénarios font plutôt partis de MA réalité, de ma propre expérience. Ils prennent quelquefois l’aspect d’être plus réels que réel.
Dans mon expérience, c’est encore la partie la plus souffrante.
Dans ce contexte, passer à travers une crise, quelle qu’elle soit, est un cheminement de vie important qui demande écoute et compassion soi-même et pour l’autre.
Et vous, quelles sont vos expériences et vos découvertes face aux difficultés de votre vie.
Est-ce qu’il vous reste un gout amer face à une crise passé ou présente ?
Et la question demeure, y a-t-il un mode d’emploi?
On se retrouve donc le mardi 14 avril pour une autre soirée Entr’Hommes
Pierre-Paul et Paul-Émil
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